Avoir peur d’échouer est normal, je dirais même sain, quand on tente quelque chose… Un reste de notre cerveau reptilien sans doute ou bien la peur de nos ancêtres de sortir des hautes herbes pour se mettre à découvert. Et quand vous tentez quelque chose, vous vous mettez en quelque sorte à découvert !

Or, pour surmonter la peur de se lancer, il existe des solutions. Nous allons voir dans cet article lesquelles et comment les mettre en œuvre.

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Peur de quoi au final ?

La peur d’échouer, c’est bien sûr la peur des conséquences, de se retrouver « sur le carreau ». Or si créer une entreprise semble plus risqué que de rester salarié, la sécurité de l’emploi n’est pas absolue non plus dans le salariat.

Et puis, il faut relativiser, gardez à l’esprit que vous avez plus de chance de réussir que d’échouer. Attention, réussir ne signifie pas que vous allez systématiquement faire fortune.

Les solutions « rationnelles »

Peur que votre idée ne soit pas assez originale

Rassurez-vous, c’est probable. Il n’y a que peu d’entrepreneurs qui lancent des projets vraiment innovants mais le problème est que l’on parle beaucoup d’eux, qu’ils sont surmédiatisés.

Rappelez-vous : ce qui a de la valeur, c’est la manière dont vous allez mettre cette idée à exécution !

Et pouis votre idée de départ va très vite évoluer, entre autres grâce aux clients ou parce que vous ne trouverez pas de clients et que les objections vont vous amener à modifier votre offre pour la faire coller à la demande.

Peur de ne pas être compétent

En toute franchise, quand j’ai créé ma première entreprise, je ne savais pas lire un bilan. Ce n’est que depuis une trentaine d’années qu’il existe des options « entrepreunariat » dans les écoles des commerce or les entrepreneurs existent depuis des milliers d’années ! Alors, à part ceux dont les parents étaient eux-mêmes entrepreneurs, les autres ont démarré au feeling.

En fait, avec les mois et les années, vous allez développer vos compétences mais attention ce la présuppose que vous :

  • appreniez de vos erreurs (donc en ne les niant pas)
  • continuiez à vous former (séminaires, ouvrages, formations online…)
  • n’hésitiez pas à demander de l’aide à l’extérieur

Peur de vous retrouver seul

Le salariat, c’est un environnement rassurant avec des codes et des règles. Devenir entrepreneur, c’est perdre tout ça et cela peut faire peur. Mais il y a des solutions :

  • vous n’êtes pas obligé de créer seul (si vous pouvez, lancez-vous à deux !)
  • et si vous créez seul, travaillez au milieu d’autres entrepreneurs (coworking, pépinières, …)

De toute manière, seul ou pas seul, élargissez votre cercle pour échanger avec vos pairs grâce aux

  • réseaux d’entrepreneurs
  • événements relatifs à l’entrepreneuriat

Peur des problèmes financiers

C’est vrai, les clients arrivent toujours moins vite que prévu, cela a des conséquences sur la trésorerie. Alors,

  • Soyez prudent, tant dans vos prévisions que dans vos dépenses (vous créez, ce n’est pas pour doubler votre salaire au démarrage).
  • utilisez les nombreuses aides pour les entrepreneurs (allocation chômage, exonération de cotisations sociales, subventions, prêts à taux zéro…)

Les solutions « au niveau du mental »

Les solutions rationnelles que nous avons vues précédemment ne suffisent pas, il faut prendre en compte le mental. Pour ce faire, je vous recommande cinq attitudes.

1 – Prenez des risques, vous allez finir par aimer ça !

Tous les entrepreneurs qui ont réussi ont pris des risques. Et puis, plus vous prendrez l’habitude de prendre des risques, plus cela deviendra facile pour vous. Je ne dis pas que vous finirez par les rechercher mais un peu quand même…

2 – Acceptez votre anxiété

En vous disant qu’elle peut être votre meilleure alliée et que vous devez l’utiliser comme garde-fou.

Par analogie, si vous marchez près du bord d’une falaise parce que le point de vue est fabuleux, votre peur va vous éviter de trop vous approcher et de tomber, un point c’est tout ! Vous regardez le paysage, vous en profitez tout en ayant en arrière-plan cette peur.

3 – Dites-vous qu’échouer n’est pas MAL

Vous me direz, facile à dire moins facile à faire. Alors rappelez-vous qu’il y a un moyen simple de ne pas échouer, c’est ne rien faire ! Mais ce n’est pas ce que vous voulez, non ?

Pourquoi l’échec, ce n’est pas mal ? Parce que s’il survient, vous apprendrez de toute façon quelque chose qui vous sera utile plus tard, vous en sortirez enrichi. J’ai vécu un dépôt de bilan avec ma 2ème entreprise et je peux vous dire que cela m’a servi par la suite. Le philosophe Nietzsche le disait déjà il y a plus d’un siècle, « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».

4 – Inversez la proposition

Au lieu de vous dire « comment je vais faire pour réussir » dites-vous « comment je devrais m’y prendre pour échouer ». Par exemple : si je fais ça seul, n’est-ce pas une erreur ? Si je planifie mal, quel impact ?

Cela peut paraître bizarre mais cela va vous placer dans une posture mentale qui fera que le succès sera plus probable que l’échec dans ce que vous allez entreprendre.

5 – Anticipez un échec possible

Parce que cela va vous aider quand des signes avant-coureurs négatifs vont apparaitre.

Si vous vous êtes fixé en amont des indicateurs, des seuils, et ce avant de vous trouver envahi d’émotions négatives et d’être soumis à la pression de votre environnement, vous pourrez réagir plus « froidement ».

Et puis prendre en compte les signes de faillite et réfléchir en amont à des solutions permet de réagir plus vite et de limiter la probabilité d’un dépôt de bilan.

Pour « ficeler » le tout, prévoyez un plan B

Un créateur d’entreprise n’a pas envie d’envisager la fin de son aventure avant même de l’avoir commencée et c’est une erreur. En procédant de cette manière, vous vous rendrez compte qu’il y a une vie après un échec entrepreneurial.

Alors, préparez-vous à rebondir en cas de faillite. Ill ne faut pas se leurrer, un dépôt de bilan est une situation difficile à vivre. On perd confiance en soi, et puis l’environnement ne vous fait pas de cadeau du style « je l’avais bien dit, cela ne marcherait jamais ! », le regard du conjoint change, cela peut provoquer des séparations.

L’existence d’un plan B va vous aider à sortir la tête de l’eau et va vous permettre de penser à autre chose qu’au dépôt de bilan qui vient de survenir.

Votre plan B doit envisager la suite. Parmi les réponses à apporter :

  • retour vers le salariat ou lancement d’une nouvelle aventure
  • comment vous allez vivre (vous et votre famille) pendant 6 voire 12 mois ?

En conclusion, le duo risque/échec doit faire partie intégrante de la psychologie d’un entrepreneur… et on s’y habitue très bien !


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